John Law et son système
I-Présentation du personnage
Il est né en 1671 en Écosse, à Edimbourg dans une famille d’orfèvres1.
Il a été initié très jeune aux techniques des jeux d’argent et il était excellent en calcul mental.
À la mort de son père, il hérite d’une immense fortune.
John Law avait un faible pour les femmes et pour les cartes. Sa passion pour les femmes l’a emmené à se battre en duel.
En 1694, à la suite d’un duel, il abat son adversaire.
Pour fuir l’emprisonnement, il se rend à Amsterdam, puis à Venise où il apprend le fonctionnement du système bancaire.
Il découvre que les Vénitiens ont délaissé les pièces d’or et d’argent au profit du papier- monnaie2.
Ça va être le départ de son Système.
II- John Law et Philippe d’Orléans
Philippe d’Orléans devient Régent du royaume de France à la mort de Louis XIV (1715). Le jeune Roi Louis XV n’avait que 5 ans.
Lorsque John Law arrive en France, le pays est dans une situation financière déplorable. Il présente son projet au Régent.
1-Le projet de John Law
Il veut créer :
- Une banque dont la mission serait d’émettre des billets qu’elle délivrerait aux clients contre leurs pièces d’or.
- Une compagnie d’état pour le commerce.
•D’une part ce papier-monnaie faciliterait la circulation de l’argent et stimulerait l’économie.
•D’autre part, la banque prêterait cet argent à l’État qui pourrait ainsi se financer.
2-La réalisation du projet
Le Régent acquiesce. L’année suivante, John Law est autorisé à fonder sa « Banque générale ».
Le Système Law fonctionne à merveille. En 1718, cette banque devient la « Banque Royale ».
En parallèle, John Law cherche à accroître sa fortune et rachète la Compagnie du Mississippi, chargée de mettre en valeur la Louisiane. Il l’intègre dans son entreprise, la Compagnie d’Occident, dont l’ensemble deviendra en 1719, La Compagnie perpétuelle des Indes. Rapidement, John Law obtient le monopole du commerce colonial de la France.
Vantant les mérites de cette activité, le banquier convainc sans mal les investisseurs qui s’arrachent les titres de la Compagnie.
La Compagnie fusionne avec la Banque Royale en 1720.
III- John Law est nommé contrôleur général des Finances.
1-Il décrète l’abolition 3 des taxes et péages pour les commerçants traversant les chemins et canaux français.
2-Il encourage la construction de routes et le lancement de nouvelles industries.
3-Il contribue au redressement du commerce maritime français.
IV-La spéculation 4
Cette nouvelle finance et cette nouvelle économie suscitent des inquiétudes.
Lorsque, en juillet 1720, les premiers clients, pris de panique, viennent rendre leurs titres pour récupérer leur or, le cours de l’action se met à chuter.
Quand les derniers épargnants se présentent au guichet, la Banque n’est plus en mesure de les rembourser.
La banqueroute5 est décrétée.
John Law, ruiné, prend de nouveau la fuite à Venise, en décembre 1720, où il décèdera 9 ans plus tard d’une pneumonie.
V-Conclusion
1-Cette banqueroute s’inscrira dans la mémoire nationale.
Les Français se méfient alors du papier-monnaie et s’attachent aux pièces d’or et d’argent et préfèrent acheter des terres et des immeubles.
2-Du fait de l’inflation6 provoquée par le Système Law,
l’État, les commerçants ainsi que les propriétaires se sont considérablement désendettés.
Dans le même temps, la France a modernisé et dynamisé son commerce.
John Law est resté une référence dans l’histoire de nos finances publiques.
1-Orfèvre : (du latin « aurum »-or, et ancien français « fèvre »-artisan.)
Artisan qui travaille les métaux précieux ou commerçant qui les vend (argenterie, bijoux …)
2-Papier-monnaie : (pluriel .papiers-monnaies)
Le billet de banque est une monnaie fiduciaire. Généralement, la monnaie fiduciaire est non convertible en métal précieux.
3-Abolition : Annulation, suppression
4-Spéculation : Opérations sur des biens meubles ou immeubles en vue d’obtenir un gain d’argent le plus souvent en les revendant à un prix plus élevé que le prix d’achat.
5-Banqueroute : (de l’italien-banca rotta-banc rompu)
La banqueroute publique : l’État suspend les paiements aux porteurs de rentes.
6-Inflation : (mot de la famille de « enfler ».)
L’inflation monétaire entraîne une hausse des prix.
